Mystères et trésors de la Solières

Passionné de randonnée, de nature et avide des grands espaces, j'aime transmettre ma passion et mes coups de cœur sur https://www.trekkingetvoyage.com

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Maxime

Le parcours

Un dimanche matin, quelques rayons de soleil, un besoin vital de nature et de dépaysement, les jambes qui me démangent, une envie de nouveauté... toutes les conditions étaient réunies pour que je parte à la découverte de cette belle inconnue... la Vallée de la Solières.

Située à une vingtaine de kilomètres de chez moi, je ne regrette pas de m’être « enfoncé » dans ce joli et étroit petit vallon en pleine nature, propice aux mythes et légendes et ancien terrain de jeu des mystérieux Nutons…

Il s’agit du circuit que j’ai réalisé seul, sans carte, au feeling et que je partage à titre indicatif. Vous verrez que la zone est traversées par de nombreux chemins, ce qui rend le tracé facilement modifiable selon votre humeur. Le tronçon proche du château de Beaufort n’est cependant pas autorisé car il y a risque de chutes de pierres.

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La Vallée de la Solières

Accès : Débutez du parking dans la rue de la Poudrerie, 4500 Huy. Juste après la taverne l'Elysée Beaufort en venant de la N90 Huy-Andenne longeant la Meuse.

La Solières est un ruisseau qui prend sa source dans le bois de Perwez dans le Condroz namurois à une altitude d'environ 260 m. Elle passe par le village de Solières où elle coule au pied de l'ancienne abbaye de Solières, puis derrière le Château Vert, le Vieux Moulin et la chapelle Saint-Eutrope.

Le cours d'eau pénètre alors en Ardenne condrusienne et creuse une petite vallée plus encaissée et boisée. C'est là même que je l’ai rencontré...

L'impétueuse Solières alimente notamment une cascade près de la caverne du Trou Manto avant de se faufiler entre l'étang de Lovegnée et les ruines du château de Beaufort pour rejoindre rapidement la rive droite de la Meuse...

Les ruines du château de Beaufort

Elles sont sur votre droite en montant, sur un éperon rocheux caché de la végétation. Datant de la fin du XIIe siècle, ce château était le siège d'une petite seigneurie de la région. Situé aux confins de la principauté de Liège et du comté de Namur, il fut souvent engagé dans des conflits régionaux de frontières entre les deux entités.

Malheureusement, l'accès aux ruines situées sur l’éperon rocheux est interdit… Une brèche due à la chute d’un arbre dans la clôture que je pensais être simplement une barrière à gibier en contre-bas m'a incité à rentrer dans l'enceinte… Je n'ai pas fait le fanfaron quand j'ai voulu redescendre par l'autre côté et que je me suis retrouvé devant une barrière fermée haute de 2 mètres…

J'ai donc fait demi-tour quand je me suis rendu compte que j'étais dans une zone interdite, après avoir prudemment pris quelques photos. Oui, il m'était impossible de repartir de là sans vous ramener quelques souvenirs… Le fait est que jadis le château était libre d'accès avant d'être exploité par le Mouvement d'Etudes et de Recherches Archéologiques.

Mea culpa ! :-/

La vallée de la Meuse

La vue sur la vallée de la Meuse est somptueuse...

Si vous souhaitez visiter les ruines du château, n'hésitez pas à vous rendre dans la rubrique : À faire, puis châteaux dans laquelle vous trouverez toutes les infos nécessaires !

De retour dans le vallon et une fois la Poudrerie contournée, je pénètre sur un sentier qui s'étale sur un lit géant d'Ail des Ours. L'odeur est envoûtante et l'esprit de la forêt n'est pas loin...

Le Trou Manto

Sur la droite, j'aperçois une ombre dans la roche qui domine la rivière...

Depuis tout petit j'adore me faufiler dans les « entrailles » de la terre... Pour la petite histoire, j'ai même pratiqué quelques années de spéléologie ! Cette grotte du « Trou Manto » n'est donc pas passée inaperçue lorsque je m'avançais sur ce chemin odorant et montant à flanc de coteau. Il m'a fallu cependant faire demi-tour pour passer un peu plus bas de l'autre côté de la rivière. On accède en effet à la grotte par un sentier escarpé à côté duquel un câble bien visible est tendu pour vous aider à y grimper.

L'entrée de la grotte est cependant fermée par une grosse grille métallique dont l'accès est réservé aux spéléologues et scientifiques.

Il fallait que je vous dise… Jadis, et depuis très longtemps, les Nutons vivaient en bonne harmonie avec les villageois. Cette créature issue des croyances populaires des Ardennes françaises et de la Belgique, ressemblait fort au lutin. Elle s'en différencie cependant par son habitat qui était essentiellement formé de cavernes. On ne voyait d'ailleurs les Nutons que rarement le jour car ils restaient sous-terre !

Les Nutons

La nuit, ils sortaient pour s'amuser et s'occuper de tâches indispensables dans la forêt et les champs alentour. Très serviables et doués de leurs mains, il suffisait de leur présenter le travail pour que tout soit magnifiquement exécuté durant la nuit. En retour, il fallait juste leur déposer un peu de nourriture ou quelques pièces. Cependant, en cas de moqueries ou remarques désobligeantes à leur égard, ils se fâchaient et se vengeaient singulièrement.

Dans la région de Huy, on raconte qu'on les rencontrait surtout du côté de Ben-Ahin, dans la grande forêt de Solières, où ils habitaient le célèbre Trou Manto !

La cascade

Plus ou moins en face du Trou Manto, je rencontre une cascade remarquable et une passerelle longeant la Solières.

Le petit pont enjambant un peu plus haut le ruisseau est très joli et me plonge dans un décor magnifique...

Vient ensuite le temps de quitter ce beau vallon pour remonter sur les hauteurs, par le versant Est. Je pénètre directement sur des sentiers forestiers au cœur des allées de feuillus et de pins où l'ambiance typique de la forêt – ses odeurs, ses bruits, l'idée de croiser du gibier – m'envahit...

Et puis, je tombe sur de vastes prairies et quelques campagnes qui me rappellent que je suis ici aux portes du hesbignon qui se trouve juste de l'autre côté de la Meuse, dont le sol est riche et propice aux cultures...

Qu'à cela ne tienne, après une pause de midi en bordure de sentier, je retourne dans la mystérieuse forêt...

Réserve naturelle

J'arrive ensuite sur des chemins m'amenant sur le « balcon » de la réserve naturelle domaniale de l'ancienne carrière de Lovegnée-Bosquet.

La vue sur Gives et sur la Meuse est vraiment impressionnante. Prudence, il n’y a rien qui vous retient du vide et le vent est surprenant... à déconseiller avec des enfants !

Je contourne le précipice par la gauche pour contempler un panorama sur la Vallée de la Solières, visitée précédemment... On aperçoit d'ailleurs les ruines du Château de Beaufort qui trônent fièrement sur sa roche calcaire enfouie sous la végétation.

Une fois en bas, j'arrive aux abords de l'ancienne carrière. Ce vaste site de plusieurs dizaines d'hectares peut s'enorgueillir de ses belles falaises qui rappellent certains décors du Vercors...

Des pelouses calcaires se sont aussi développées avec, çà et là, quelques espèces d'orchidées et autres jolies plantes. Vous pouvez d’ailleurs de temps en temps y croiser en saison un troupeau de moutons roux-ardennais qui s'attellent à garder le site bien entretenu !

Pour finir, je descends et passe le gué pour bifurquer à droite sur le parking.

Fin du parcours

C'est donc sur cette belle réserve naturelle domaniale que se termine cette aventure au cœur d'une vallée mystérieuse et envoûtante. On s'y sent bien dans ce coin calme et reposant à 2 pas de la ville et c'est très particulier à expliquer. Le mieux est encore d'y aller et de vous rendre compte par vous-même de l'endroit...

Quant à moi, je sens bien que mon exploration des abords mosans n'est pas terminée. Serait-ce un indice sur une sortie future... ? Vous ne croyez pas si bien penser !